SAINT PIO DE PIETRELCINA
Prêtre o.f.m. cap.
(Mémoire obligatoire)
Ordonné
prêtre le 10 août 1910, il est affecté, six ans après, au couvent de
San Giovanni Rotondo, dans les Pouilles. Il y demeurera jusqu’à sa mort,
le 23 septembre 1968, à 81 ans. Le rayonnement spirituel du Padre Pio a
donné naissance à deux œuvres importantes : l’hôpital Casa Sollievo della Sofferenza
(maison pour le soulagement de la souffrance) et les groupes de prière.
Par deux fois, le Padre Pio a dû subir des mesures disciplinaires et
des restrictions dans l’exercice de son ministère.
Le
20 septembre 1918, Francesco Forgione (qu’on n’appelle pas encore padre
Pio) vient de dire la messe au couvent de San Giovanni Rotondo. Ce
jeune capucin de 31 ans s’agenouille devant un crucifix. « Une quiétude indescriptible »
s’empare de lui, racontera-t-il plus tard. Apparaît soudain un
personnage mystérieux, aux mains, pieds et flanc ruisselant de sang.
Puis la vision disparaît. Au sortir de ce qu’il nomme une extase, le
religieux s’aperçoit alors que ses propres mains, ses pieds et son flanc
saignent aussi. À la vue de ces stigmates, le calme se change en un
trouble profond : le religieux tente de refermer ses plaies ; rien n’y
fait ; elles ne cicatrisent pas. Jusqu’à sa mort, en 1968 - jamais
cicatrisées, ses plaies disparaîtront le 20 septembre 1968, trois jours
avant sa mort - padre Pio portera ce mystère avec lui. Il recouvre ses
mains de mitaines pour dissimuler ses plaies ; il est soumis à une série
d’examens scientifiques, ainsi qu’à un contrôle rigoureux : le Vatican
suit l’affaire d’un mauvais œil. La nouvelle se propage et les médecins
font un double constat, sans explication : padre Pio n’est pas un
affabulateur mais rien n’explique ces plaies qui évoquent la passion du
Christ.
Son évêque, une partie du clergé local, des responsables du
Vatican s’irritent de la renommée grandissante de ce religieux qui,
vite, attire des foules. D’autant que l’on parle de guérisons et de
clairvoyance spirituelle. Durant toute sa vie, il est l’objet de
calomnies, de mensonges et même de plusieurs condamnations du
Saint-Office. Rome, d’abord, lui interdit toute relation épistolaire
puis, pendant deux ans, de confesser. En 1933, le pape Pie XI (Ambrogio Damiano Ratti, 1922-1939) le libère de ces restrictions, mais certains de ses frères capucins se liguent contre lui…
La
dévotion populaire accompagne l’humble capucin. Il incarnait la
simplicité franciscaine, le courage devant la souffrance, la charité
envers les malades. On lui attribue, au fil des ans, de nombreuses
guérisons. Parmi de multiples prodiges, il avait, dit-on, le don de la
bilocation, autrement dit, d’être à la fois ici (recueilli en prière,
comme absent) et là (au secours d’une âme en peine ou en danger). On
frôle même l’émeute, en 1923, lorsque Rome veut empêcher le padre
de célébrer la messe. Et on ira jusqu’à installer des micros dans sa
cellule et son confessionnal ! Pressions et inquisitions romaines ne
cessent que dans les années soixante, grâce au Bx Paul VI (Giovanni Battista Montini, 1963-1978).
Toute l’Italie vénère alors le prêtre aux stigmates, qui fit
construire, en 1956, à San Giovanni Rotondo, un hôpital grâce aux dons
des fidèles.
On
lui attribue de nombreux miracles. Dans les années soixante, alors
simple évêque auxiliaire de Cracovie, Karol Wojtyla envoya à padre Pio
une lettre d’intercession pour une amie polonaise gravement atteinte
d’un cancer. Onze jours plus tard, elle était guérie.
Padre Pio est un peu un saint « médiéval »,
héritier de la tradition franciscaine, stigmatisé comme saint François,
pauvre lui-même et attentif aux souffrances ; et surtout un mystique
entouré de prodiges et de miracles.
L’œuvre
de Padre Pio : des conversions en grand nombre, des groupes de prière
(2.200 dans le monde dont 1.800 en Italie) et, depuis 1956, à San
Giovanni Rotondo, une clinique pour les « esprits et les corps
épuisés ». L’intuition de Padre Pio fut de faire de cette maison, la Casa Sollievo della Sofferenza,
un centre d’études international et un lieu où devait être privilégié
le confort des malades. Une volonté bien paradoxale de la part de celui
qui avait supporté tant de souffrances et de pauvreté…
Sain Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005) a
donné Pio de Pietrelcina comme saint de la Miséricorde et modèle à
imiter par tous les fidèles. Le pape a voulu que sa fête liturgique soit
immédiatement inscrite au calendrier romain général - et non local - le
23 septembre, « jour de sa naissance au ciel », et en tant que « mémoire obligatoire » - et non facultative - pour l’Église universelle.
Source : http://levangileauquotidien.org
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.